Récits de voyage

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20-12-2007
Nha Trang - Vietnam
Une valaisanne aimant la nature et les regions sauvages arrive a Saigon, ville de plus de 6 millions d habitants avec ses rues encombrees de motos, voitures, bus qui vont a toute allure et dans tous les sens. La clef de la reussite pour venir a bout de ce trafic est de prendre une bonne bouffee d air "pollue", de garder l oeil attentif et de foncer tout droit les mains sur les freins pretes a reagir. Au rond point ma strategie fut de me dissimuler a cote d une moto, de ne regarder ni a gauche ni a droite, de suivre le mouvement en etant persuadee que j allais dans la bonne direction. En suivant ce mode d emploi vous arriverez sans vous perdre au coeur de l activite touristique de Ho Chi Minh City avec ses resto, agences de voyage et hotels a chaque coin de rue. Finalement ce n etait pas si dur et je suis assez fiere de moi, je trouve meme que j ai un bon sens de l orientation.
Quand j entends que des montagnards vivent ici en Asie, je me dis, il faut aller les voir, question de s acclimater petit a petit a mon retour. Des bananiers aux plantations de cafe et de the jusqu aux forets de pins, c est en sentant cette odeur familliere que j atteinds les Centrales Highlands a 1500m. Un parcours sinueux de montees et descentes a travers des villages ou les visages des vietnamiens est differents : teint plus fonce presque noir, cheveux ebourriffes, habits d autrefois. Je ne croise plus de motos mais ces minorites ethniques fumant le calumet et portant des hottes chargees de bois qui conduisent leur troupeaux de vaches le long de la route. La petite difficulte hormis la meteo capricieuse dans ses terres inhospitalieres traversees il n y a pas si longtemps par des combattants est le logement. L hebergement d etrangers etant sanctionne par une amende, je fus bien contente quand cette petite dame assise sur ce banc dans ce village, joignit ses deux mains le posa contre sa joue et hocha la tete. Pas besoin de parler, j ai tout de suite compris. Sous la pluie devant cette maison, c est sur je n etais pas en position de force pour negocier le prix de la chambre, mais ce soir la, au village, c etait la fete.
Encore quelques jours de route le long de la cote avant d atteindre pour Noel mon objectif final....surfer a bicyclette sur les vagues au large de la mer de Chine.
Sous la chaleur des tropiques je pense bien a vous et vous souhaite de belles fetes.
09-12-2007
Kep - Cambodge
24-11-2007
Mekong - Cambodge
Altitude 0m sur mon altimetre. Aie, aie que va t il arriver avec tous les globules gagnes en Himalaya ? Je regrimpe donc vite a 1000m au plateau des Boloven a travers les plantations de cafe et les cascades dans la jungle. Tout au sud du Laos, le Mekong se disperse formant 4000 iles paradisiaques. Ah le hammac, c est bien plus confortable que la selle de mon velo...
Une cabane au milieu de nulle part, c est la fin du laos. 10km de grosses flaques d eau, pas assez rapide je m enlise et chute. Une autre cabane toujours au milieu de rien avec quelques officiers jouant aux echecs, c est l immigration cambodgienne. Il n y a pas grande animation dans la region, seule Christine qui pedale sur les 200km de route desertique. Puis changement de decor. Interminable bout droit tout plat, un petit vent de face fort desagreable, des motos de tous cotes, de la fumee noire emmanant du pot d echappement des camions, des voitures sans pedales de freins mais avec un triple klaxon, des bus qui frolent mes saccoches...Quel trafic sur les routes nationales cambodgiennes et quel contraste avec la pittoresque piste de terre voire chemin boueux presque inexistant avec des nids de poules qui longe le Mekong.
On m avait pourtant prevenue, la route est defoncee et c etait sans compter avec la pluie du jour. Mon tshirt blanc a vire au beige, j ai un drole de gout de terre dans la bouche, mes jambes sont couvertes de a disparu hormi quelques charrettes tirees par les boeufs. Entrainement grand raid, tout en gardant l equilibre, sur le sentier, je dois jongler entre les poules et canards qui hesitent entre la droite la gauche, non la droite, finalement la gauche; les cochons et les chevres; les fruits, legumes et poissons etales au bord du chemin; sans oublier tous les enfants...Ca bouge et ca vit sur les berges du Mekong et moi, je n avance pas bien vite. Ce sera difficile d arriver a destination avant la nuit. Je pars donc a la recherche d une hutte en feuilles de bananiers. Un sourire et le tour est joue, je me fais heberger. Mais triste mine quand on m apporte des sauterelles, cafards et criquets grilles pour souper....
04-11-2007
Ventiane - Laos
Il n y a pas si longtemps en Chine, quand je regardais la carte du Laos, je trouvais Ventiane tres loin...et bien... c est encore plus loin car sur ma carte arrachee du mur du consulat, le relief n est pas dessine.
Plus de 700 km parcourus de la jungle montagneuse aux rizieres, et pourtant...
Quand a 13heures sous un soleil de plomb, le ventre et les gourdes vides d avoir roule 60km, les jambes coupees par une montee de 16km, le tshirt mouille et de la buee dans les lunettes, je devais attaquer la deuxieme montee de 23km cette fois, a une allure de 5km\heure et devant etre rentre avant la nuit, c est a dire a 17h30....ca avait l air mission juste possible voire impossible.

...et dire que je pourrais etre tranquillement assise dans les bus touriste VIP et contempler le paysage par la fenetre...

Allez Christine, tu n as pas le temps de trainer, il faut y aller. Les yeux scotches sur le compteur qui n avance pas, je fais de plus en plus de zigzags sur la route, je cherche desesperement de l ombre sous les bananiers, je me demande pourquoi je transporte la veste gortex, la polaire, la combinaison thermique odlo, le sac de couchage pour grand froid -10 degre, j ai l envie de revendre ma bicyclette a ce laotien tout intrigue par le systeme des vitesses et d arreter ce camion qui me depasse.

L apres-midi la vie s arrete, tout semble dormir...quelques huttes en bois sur pilotis quand tout a coup j entends : sabaii di, hello, thank you, falang, falang...et partout c est plein de gamins a peine habilles sans soulier qui courrent au bord de la route. Certains trebuchent, d autres rigolent, les plus grands me tapent dans la main, les filles sont genees et les petits tout sourire reveillent les parents de la sieste.
Tous ces encouragements me donnent plus d energie qu une barre de cereales (que je n ai pas du reste)

...ah c est trop cool, j adore, finalement c est pas si dur et n envie plus ces touristes dans les bus VIP avachis sur leur siege les yeux fermes...

A savoir que je suis arrivee a 16heures a Kioukacham. La descente du velo fut laborieuse, la marche douloureuse et que je suis super sexy avec mon bronzage special cycliste...alors c est par ou la plage? Tout droit direction sud du Laos, Cambodge puis Vietnam...Et bien c est pas gagne, y a encore quelque centaine de km a pedaler.
15-10-2007
Kunming - Chine
Passionnee de velo et aimant voyager proche du peuple...quoi de plus naturel que de parcourir les pays de la bicyclette, avec deux roues...
Apres passablement de recherche, de negociation, d explication le tout en chinois et avec des signes, j ai reussi a troquer mes chaussures de trek bien usees contre un VTT GIANT noir made in China avec cadre alu et derailleur shimano; mon vieux sac a dos contre des saccoches flambant rouges; a faire monter un porte bagages, un compteur kilometrique, un porte gourde et changer les pedales; a acheter une pompe, une chambre a air, un short pour mes fesses fragiles et le matos basique de reparation, en esperant que mon couteau suisse suffira...

Avis de recherche pour les pros : si quelqu un a en trop les ustensiles en plastique servant a remettre les pneus quand on creve, je suis preneuse...c est une denree rare et n ai pas su comment le mimer en chinois.

Je pense que vous vous dites : elle est folle, c est le chien qui l a mordu?...les premiers symptomes de la rage?...pourquoi faire compliquer quand on peut faire simple?... Et bien je suis d accord avec vous mais j adore et j ai besoin de defis.

Pour commencer il a fallu faire comprendre que je voulais prendre le train et le bus avec le velo. J ai aussi eu beaucoup de mal a preparer mon itineraire sans carte ni guide type lonely planet (comme le panda du Sishuan, est aussi en voie de disparition). Quel pays? Laos, Vietnam, Cambodge? Etat des routes? Etendue des degats dus au typhon? Les villages en chemin pour dormir et manger? Le nombre de km, les denivelles, l inclinaison des pentes? Le passage des frontieres? ....un vrai casse tete mais une certitude : de l improvisation.
Ensuite j ai sillonne les rues de Chengdu. Quel exercice de style pour moi qui chute en montant, n arrive pas a pedaler debout et ai si la trouille a la descente. Puis j ai essaye de dechiffrer le code de la route, la circulation a droite, la priorite de gauche...en resume : un sacre embouteillge et en conclusion : ce que j aime le mieux sur mon velo, c est la sonnette.

Alors un coup de pedale et cap sur l Asie du sud est a velo, premiere destination le Laos... L essentiel n est il pas de se donner les moyens de realiser ses reves.
07-10-2007
Tibet - Chine
De Kashgar, ville aux couleurs et a l atmosphere de l Asie Centrale avec un melange de kazak, kirghiz, tadjik, ouzbek,... a Lhassa, ville tibetaine sous domination chinoise ou des miliers de pelerins tournent autour des monasteres en repetant : "om mane pade mum", c est presque 3000km.

3000km de route sois disant interdite aux voyageurs individuels, franchissant des cols plus hauts que nos montagnes.....terre aride, grands plateaux desertiques, lacs d un bleu etincelant, troupeaux de yaks, odeur de beurre rance, drapeaux de prieres bleu, blanc, jaune, vert, rouge...SUIS AU TIBET.

Et ce sommet enneige que j apercois au loin, le mont Kailash, montagne la plus sacree d Asie. C est avec ces femmes aux pommettes brulees par le soleil et le froid, aux grands colliers de turquoise, aux tabliers rayes; avec ces enfants au visage rond et la face aplatie avec de la moque sous les narines qui crient :"tachi delek"; avec ces hommes qui se prosternent mains jointes sur la tete le visage le coeur puis a genou glissent a plat ventre sur le sol ramenant les mains devant eux...se relevent et recomment; tous ensemble on effectue notre kora.

Cependant il y a quelques ombres a ce beau tableau : le nombre impressionnant de touristes chinois avec d enormes teleobjectifs qui visitent tous les jours le Potala...vide...(le Dalai Lama ayant du s exiler), l envahissement des villages tibetains pour les constructions chinoises, tous ces groupes en voyage organise et la complexite de voyager en individuel, la violence des chiens errants, les crachats et les toilettes, la difficulte de communication (comment vont-ils faire pour les JO 2008, a quand la Chine parle anglais).

Mais parmi les villageois dans le train quittant Lhassa, suis contente et satisfaite d avoir traverser le tibet occidental en bus en jeep a pied en faisant du pouce sous la neige cachee a l arriere d un camion....et ramene plein de belles images avec moi.
13-09-2007
Passu - Pakistan
Il y a quelques temps je fredonnais :"ou sont les femmes...". Apres un mois de cache cache, voila qu elles apparaissent marchant au bord de la route avec un chargement d herbes coupees, faisant secher les abricots au soleil, discutant, rigolant avec les hommes, laissant tomber leur voile. Femmes aux traits un peu tires, aux mains salies par le travail des champs, c est les femmes fortes des regions de montagnes que j ai trouve. L homme reste tout de meme le roi, il a meme le droit d avoir plusieurs femmes si elles sont d accord et ne voit pas de mal aux relations extraconjugales. N etant pas l exemple parfait de l education judeo-chretienne, j ai tout de meme reussi a sensibilier l homme au respect de son epouse et dementi l image fausse transmise par les media sur les relations hommes-femmes dans nos contrees.
Dans ce pays a grand majorite musulmane, le mot taliban, Al Kaida, Afganistan...effraie et lui donne une mauvaise image. Ce n est pas parce qu on est barbu moustachu, qu on est forcement mechant. Regard insistant et parfois un peu lourd certe....mais quelle curiosite pour certains de voir une femme pale aux longs cheveux portant pres de 20 kg sur le dos sans aide.
En Valais on demande :"tu es la fille a qui ?" et ici :"tu viens d ou, tu vas ou, comment tu trouves les pakistais, t es muslim, il est ou ton mari,...." et puis tu es mon hote.
J ai a plusieurs reprises partager le quotidiens et la vie des familles avec d excellents moments d echanges. Tous sont interesses par les differences de cultures, de religion, de mode de vie, de climat, de paysage.....Tres touchee et garde en memoire les jours passes dans une familles de 7 enfants a Chapuson. Moments intimes avec les fillettes...du coup j ai 4 petites soeurs en plus.

J ai ete acceuilli quelques jours chez Abdul a Passu, village le long de la KKH. Apres 5 jours, je suis devenue proprietaire d un champs sur lequel il veut construire une ecole de grimpe et un hotel restaurant avec suisse cheese et chocolate. J ai visite et et partager la vie des bergers de la region : cuisine tres simple au feu de bois, traite et overdose de lait de chevre, nuit a meme le sol. Bien sur j ai herite d une hute en pierre dans un paturage a 3500m avec une vue imprenable. Je la loue si quelqu un veut des vacances authentiques....Pour moi on tue un poulet, le deplume et le passe a la casserole, on achete 2.5 kg de mouton et on m offre le fils aine en mariage...qui est d accord si c est le souhait de son pere. Et moi, ai je la permission de papa et maman ?
08-09-2007
Trekking - Pakistan
....prete avec mon baudrier, mes crampons affutees, mon piolet a la main, encordee....mais avec qui, vous etes ou amis montagnards ?

De l Himalaya, a l Indukusk, au Karakoram, au Pamir....j ai frole tant de pics et de glaciers qui font rever, que j avais l envie d etre Andre Georges ou Erhart Loretan. Mais a 6 heure du matin quand mon reveil sonne, je ne suis pas en expe avec une centaine de porteurs, mais Christine, trekkeuse en reperage des camps de base.
Mon parcours debuta gentiment dans deux vallees toute proche de l Afganistan ou vivent encore les dernieres familles non musulmanes, les Kalashs. C est avec en point de mire le Tirich Mir que je poursuis ma route vers le nord pour remonter la KKH. Peut etre un peu trop ambitieuse, je m elance a bicyclette sur les chemins du K2, deuxieme plus haut sommet du monde a 8611m. Mais un derailleur qui manque d huile, des freins un peu uses et une meteo un peu capricieuse me forcent a abandonner. un peu perdue dans le Cachemire pakistanais, je ne verrais jamais ce sommet tant convoite. Je me rabats donc sur l autre 8000m du pays,le Nanga Parbat, et la, je ne suis pas decue. Deux heures assise face a 4000m de paroi avec des bruits sourds tout autour de moi comme si tout allait degringoler.

Pourquoi faire un trek en 3 jours quand on peut le faire en 1 ? pour ne pas etre KO les jours suivants....

Apres une montee eclaire au Rakaposhi base camp, j avais tout le temps et tant de demangeaisons dans le jambes qui je n ai pas pu m empecher de traverser le glacier au pas de course et rejoindre le Diran base camp. Quel magnifique panorama et un soleil presque trop brillant. Du glacier, aux paturages, a la foret, aux champs d abricotiers, c est en m endormant bien fatiguee sous les pommiers que je termine ma journee emplie de belles images.
Apres cette folie, pour reprendre des forces, rien de tel qu un nuit au pied du Hunza peak et de l Ultar peak. Puis en contemplant le Lady finger, si raide et si pointu que la neige ne tient pas, j atteinds le Hon Pass et admire tout autour de moi....je me dis :"je veux aller la et puis la et encore la....". Mais je dois choisir et comme ce n est pas mon fort, je tire a la courte paille. C est donc en longeant l immense Batura glacier, 56km dommine par un mur blanc vertical de plus de 7000m du Shispar au Passu au Batura peak que je termine mon aventure trek...au pakistan.

Car la semelle des mes chaussures, un peu uses, n est pas encore pour la poubelle. La juste a cote en Chine, c est les pentes du Muztagh Ata que je crapahute avec une envie folle d avoir les skis au pieds pour la descente.
14-08-2007
Peshawar - Pakistan
Depuis mon arrivee au Pakistan, apres les visites de Lahore, d Islamabad et de Peshawar, je fredonne sans cesse une chanson de Patrick Juvet : "ou sont les femmes...." Et encore plus dans cette citee toute proche de l Afghanistan. Rare sont les femmes que je croise et cachees derriere leur burqa, je ne peux meme pas echanger avec elle un seul regard. Par contre les hommes, ils sont des milliers a me devisager....et pourtant je ne suis pas tres sexy, un peu degoulinante sous mon shalwar kameez (tenue traditionelle obligee) et mon voile. Et si je discute un peu trop longtemps avec un homme, j ai la police a mes trousse. Autant vous dire que de vouloir sortir diner le soir avec un pakistani m a vallu une descente de la police speciale a l hotel, une course poursuite a travers la ville, une visite au poste, de longues explications....mais pas de resto chinois. Hey, je vous rassure, tout cela, c est pour me proteger.....apparement il y a tres peu de touriste ici (n ai vu personne comme moi). On ne sait jamais si les personnes ont de bonnes ou mauvaises intention. Apparemment on ne doit faire confiance a personne et surtout ne pas sortir seule le soir, ne pas accepter une brochette de kebab ou une tasse de the vert dans la rue (pourtant si bon)....Ce n est pas facile quand on est si curieuse, si fascinee, si interessee...j ai tellement l envie d apprendre plus sur les coutumes, la vie, la religion, la nourriture de ce pays; j aime trop l ambiance, les couleurs et la musique dans les bus publiques, manger avec les doigts un plat vite fait pakistani dans la rue, sentir l atmosphere qui regne autour de moi...j adore...Mais je dois toujours etre mefiante et ne peux bouger sans que la police me surveille. Est ce pour me proteger ? Est ce trop dangeureux ? Est ce le pouvoir de l homme sur la femme qui ne doit pas etre independante ?.... Ceci dit j aurais bien apprecie cette surprotection lors d une rentree matinale apres une soiree mystique islamique (sufism) ou hommes jouent des percussions, dansent et entrent en transe....
Apres ces trois citytrekking fatiguant, pollue, bruyant, palpitant, amusant,....je remets le cap dans les montagnes direction Chitral, petit village au nord ouest du pakistan.
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